Déclaration de l'Académie des Belles-Lettres

Déclaration rédigée par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres qui rappelle dans quelles conditions le français doit être utilisé dans les manifestations scientifiques qui ont lieu sur le territoire relevant de la législation française :

L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres constate une tendance croissante à user exclusivement de la langue anglaise dans les congrès et colloques de certaines sciences humaines organisés en France. Ce comportement est illégal, il est regrettable au regard de la position traditionnelle de la langue française, et il donne un fâcheux exemple aux francophones du monde entier. D'autre part, il est défavorable au progrès de la recherche. En effet, la langue n’est pas neutre : elle convoie inévitablement des formes de pensée, surtout dans le domaine des sciences humaines, où la diversité est une richesse. L’usage exclusif d’une seule langue a pour effet un appauvrissement.

Il importe naturellement que les chercheurs français et francophones participent pleinement à ce qui se fait à l’échelle mondiale. Mais cela n’implique pas qu’ils renoncent à leur langue qui, au contraire, leur facilite la tâche et accroît leur productivité. Il n’est pas difficile de concilier le respect de la langue française et la nécessité de l’intercompréhension. L’Académie appelle à l'observance des règles suivantes, qui découlent de la législation en vigueur:

Quant aux publications, l'Académie invite les chercheurs français à s'y exprimer en français, en accompagnant leurs textes, si nécessaire, d'une traduction ou d'un résumé en anglais ou dans une autre langue.

Le français au service des sciences

Un point de vue solide, original et très convaincant sur la nécessité de réfléchir dans sa langue maternelle. Laurent Lafforgue est mathématicien, professeur permanent à l'Institut des hautes études scientifiques, à Bures-sur-Yvette, il a obtenu la médaille Fields en 2002. Il écrit : "c'est dans la mesure où l'école mathématique française reste attachée au français qu'elle conserve son originalité et sa force. A contrario, les faiblesses de la France dans certaines disciplines scientifiques pourraient être liées au délaissement linguistique. (...) le choix de la langue est le signe d'une attitude combative, le contraire de l'esprit d'abandon et de renoncement. (...) Sur le plan moral, c'est-à-dire sur le plan des valeurs qui est plus important encore, le choix du français (...) signifie qu'on accorde plus d'importance à la recherche en elle-même qu'à sa communication(...)".


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Edito de Laurent Lafforgue

Un point de vue complémentaire

d'un collègue de l'université de Franche-Comté, spécialiste du plurilinguisme.
Claude Truchot écrit : "Le bilan probable (de l'enseignement en anglais dans les universités des pays du Nord de l'Europe) mais les autorités n’ont jamais osé le faire, est que la qualité de l’enseignement supérieur a baissé dans ces pays"
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Enseigner en anglais dans les universités françaises : quels effets prévisibles ?

Contre la langue unique

Serge Halimi, Le Monde diplomatique, juin 2013

(...) l'attractivité d'une langue ne se résume pas à la vente de formations aux pays émergents. Elle s'affirme en échangeant avec d'autres, en pensant le monde, y compris celui qui vient. La France, qui s'est battue pour défendre son cinéma et son exception culturelle, peut-elle accepter qu'un jour la recherche et la science s'expriment uniquement dans l'idiome, d'ailleurs souvent maltraité, de la superpuissance ? (...)

Défendre la langue française


Texte du Collectif Unitaire Républicain de Résistance, d'Initiative et d'Émancipation Linguistique (COURRIEL) diffusé par le M'PEP avec l'autorisation du Collectif.
Le 24 mai 2013.
Étant donné la gravité des attaques convergentes des tenants du tout-anglais contre la langue française ("langue de la République" au titre de l’article II de la Constitution), qu’il s’agisse du projet de loi Fioraso officialisant l’anglais à l’Université, ou de la "Charte européenne des langues minoritaires et régionales" portée par l’Union européenne et par François Hollande, le M'PEP a décidé de diffuser le texte du CO.U.R.R.I.E.L. dont il partage le contenu.
Ce collectif pluraliste et politiquement indépendant appelle en effet à la résistance linguistique sur des bases internationalistes et progressistes.
Alors que les résistances montent en puissance contre la loi Fioraso adoptée le jeudi 23 mai par l'Assemblée nationale, le devoir des citoyens est de refuser l’hégémonie européenne et mondiale de la langue unique, facteur de pensée, de politique et d’économie uniques.
Sans que l’on s'en rende toujours compte, la langue de Molière et de Victor Hugo est le premier service public de France. Ne le laissons pas marginaliser ! Ne nous laissons pas couper la langue par l’oligarchie capitaliste et par ses complices de la fausse gauche qui voudraient ainsi nous retirer le droit à la parole et la liberté de penser autrement qu’eux !

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