Journées

Appel à contribution pour une nouvelle Journée d'étude de la CRL

Le linguiste musicien
Jeudi 21 juin 2018
Université Paris-Sorbonne

Texte de l'appel : Le linguiste musicien

Texte de l'appel


Quelques linguistes de notre connaissance et sûrement d'autres que nous ne connaissons pas encore, ont une pratique instrumentale ou vocale. Il ne s'agit pas nécessairement de linguistes musicologues comme pouvait l'être le regretté Nicolas Ruwet, mais simplement de linguistes qui, régulièrement ou occasionnellement, jouent d'un instrument ou chantent, seuls ou dans un groupe.
Nous souhaitons leur donner la parole pour explorer la relation qu'ils entretiennent entre leur pratique de linguistes et leur pratique musicale. Ces relations peuvent être de toutes sortes. Le lien peut porter sur des dimensions techniques de la langue et de la musique (nature du son, prosodie - accentuation, intonation, rythme, timbre -, découpage ou séquençage de l'objet travaillé, phrasé, ligne mélodique, etc…) mais elle peut porter aussi sur les retombées conceptuelles et intellectuelles de la pratique musicale sur la pratique linguistique comme sur la comparaison des postures de l'analyste de la langue et de l'interprète de la musique. Elle peut aussi, sans que le tableau ne soit exhaustif, étudier le rapport entre les options théoriques et méthodologiques du linguiste et sa perception de la musique, notamment lorsqu'il la produit à travers sa voix ou un instrument. Par exemple la question que se pose un linguiste pratiquant la musique sur la proximité ou la spécificité du langage musical et des langues naturelles: la façon de développer un thème musical de diverses façons et dans toutes sortes de tonalités fait penser dans un autre registre aux exercices de style de Queneau, ou aux "points de vue" des analyses polyphoniques. Du côté des théories de l'énonciation, le traitement classique des thèmes comporte visiblement des analogies avec l'analyse macrosyntaxique des phrases. On trouve en musique des introductions qu'on peut rapprocher du vocatif ou de la formule d'introduction d'une lettre. Parallèlement, les formules conclusives, en langue comme en musique sont bien connues. Les variations musicales - de Beethoven, de Schubert, de la musique classique arabe ou d’un certain jazz - étendent l’espace dans lequel l’auditeur reconnait, pour son plus grand plaisir, un invariant mélodique dans un rythme ou une tonalité différente, il en déduit que la langue met à la disposition de chaque locuteur un espace dans lequel la règle du jeu est que toute variation, dans cet espace, doit s’articuler à un invariant, qu’il y ait ou non équivalence sémantique. Il n'est pas non plus interdit, à condition de s'en expliquer, de soutenir qu'il n'existe aucun lien entre la pratique du linguiste et la pratique de l'interprète d'un chant ou d'un morceau de musique.

La journée aura lieu le 21 juin, fête de la musique, à la Sorbonne.
Les propositions - une page maximum-, pour des formats qui peuvent aller de 20 à 50 minutes, doivent nous parvenir avant le 31 mars à cellulerecherchelinguistique@gmail.com
Une réponse et, le cas échéant, un programme, vous parviendront à la mi-avril.

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